19

Sep

Séjour à Josefa

Les maisons, comme les gens, ont leur odeur et leur musique propres. C’est seulement en demeurant dans une maison, qu’au fil des jours, l’occasion est donnée de les découvrir

La Maison Josefa est toute en rythme, en escaliers, en paliers, en seuils et en portes. Sa géographie fait travailler le souffle. Je suis venue reprendre souffle pendant une semaine dans cette maison.

J’ai quitté ma chambre sur rue, pleine de jeux d’enfants, de bruits de voitures et de voisines qui s’interpellent d’une fenêtre à l’autre pour une chambre sur jardin gorgé de chants d’oiseaux. Du salon bleu à ma chambre, du jardin à la cuisine commune, la maison tisse autour de moi un abri de silence que trouent, de temps en temps, les bruits de pas dans l’escalier, une porte qui se referme, les rires d’une petite fille, le murmure d’une conversation. Je suis comme en attente.

Je suis tellement imprégnée par la vie communautaire que je partage par ailleurs, que cette brusque plongée en solitude me déconcerte le premier jour. J’écoute la vie dans la maison. Je cherche à m’accorder. Il faut du temps pour créer du lien. « Bonjour » « bonjour » : on se croise dans l’escalier, un peu intimidé… puis un thé et des petits gâteaux syriens partagés dans le jardin, trois mots échangés autour du chat, un souper entre filles des quatre coins de l’Europe qui s’ouvre au masculin et à la découverte de l’Irak, son histoire et sa culture.

Dans beaucoup de maisons, la cuisine est un lieu névralgique. La Maison Josefa n’échappe pas à cette règle. Dans la cuisine partagée, ça sent le riz et les épices. Le repas d’improvise : « J’ai des lentilles. », « Et moi une carotte et un poireau. » ; on jette tout dans la casserole, on verra bien ce que ça donne. « C’est bon ! ».

Ce court séjour au sein de la Maison Josefa fut une expérience où apprendre à vivre comme on fait la cuisine : accueillir ce qui se donne et s’en laisser transformer ; Merci à chacun pour cette semaine. A une prochaine fois… Peut-être.

Valérie

Les réalités quotidiennes qui conduisent certains d’entre nous à signifier leur révolte, voire à prendre distance, à partir en « vacances », à « déserter » une société de plus en plus insignifiantes, ne sont rien (ou si peu) face à l’unique possibilité de la fuite, de l’exil, pour certains autres d’entre nous

Se « libérer » de charges professionnelles, parfois familiales ou communautaires, résonnent faiblement (sans minimiser le défi pour certains) face au poids, sans échappatoire, de la migration forcée, de l’exil. Il n’y est pas question de choix, de discernement, mais de vie ou de mort. Il ne s’agit pas de « désertion », mais d’exil, pas de l’exercice d’un libre arbitre, mais de libération.

En fait, exilé et « déserteur » ont à se parler, à se dire leur désespoir ou leur espoir, à s’enrichir mutuellement, à faire route ensemble, afin d’extraire de leur migration (exil ou « désertion ») un sens nouveau, un vivre renouvelé, et d’être ensemble… leur migration, nos migrations : migrant, toi comme moi.

Pierre

Rue des drapiers, numéro 26. Une lourde et haute porte en bois. Je m'apprête à la franchir. Quelle surprise lorsque cette porte s'ouvrit si facilement sur une part du Proche-Orient et d’autres parts de l’Afrique ou de l’Europe...

La Maison Josefa, pour moi, c'est d'abord près d'une vingtaine de personnes avec qui il fait bon vivre.

La Maison Josefa, c'est revenir le soir après le travail et s'arrêter à la cuisine pour faire le plein de rires, des nouvelles, voire une et même plusieurs parties de kicker.

Ce sont les lundis : nous voilà réunis autour d’une grande table dans une ambiance conviviale pour partager un repas cuisiné par quelques-uns d’entre nous. Et quel repas !

Ce sont notamment des échanges : j'en ressors avec quelques notions d'arabe (mais pas encore la prononciation hélas !), et d'autres avec des mots français. Les conversations enrichissantes n'y manquent pas, je peux vous l'assurer.

La Maison Josefa, c'est l'hospitalité. Que tu sois pressé(e) ou non, si tu passes dans la cuisine ou chez un(e) voisin(e), on t'offrira chaleureusement une tasse de thé ou t’invitera à partager le repas.

Ce sont aussi des petits et plus grands projets, comme une projection de film ou une après-midi d'animation pour enfants.

Habiter à Josefa, c'est se laisser surprendre par ce qui vient. Cela peut être un voisin qui joue de l'accordéon, une autre qui raconte des blagues (en l'occurrence c'est une blague mais plusieurs fois), retrouver quelqu'un sur le toit car il y a une fuite, goûter le gâteau mis à disposition dans la cuisine, faire du "light painting" à 23h, et bien d'autres évènements encore.

Alors merci à l'ensemble de la Maison Josefa pour son accueil chaleureux et ses surprises.

Céline

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