Rue des drapiers, numéro 26. Une lourde et haute porte en bois. Je m'apprête à la franchir. Quelle surprise lorsque cette porte s'ouvrit si facilement sur une part du Proche-Orient et d’autres parts de l’Afrique ou de l’Europe...

La Maison Josefa, pour moi, c'est d'abord près d'une vingtaine de personnes avec qui il fait bon vivre.

La Maison Josefa, c'est revenir le soir après le travail et s'arrêter à la cuisine pour faire le plein de rires, des nouvelles, voire une et même plusieurs parties de kicker.

Ce sont les lundis : nous voilà réunis autour d’une grande table dans une ambiance conviviale pour partager un repas cuisiné par quelques-uns d’entre nous. Et quel repas !

Ce sont notamment des échanges : j'en ressors avec quelques notions d'arabe (mais pas encore la prononciation hélas !), et d'autres avec des mots français. Les conversations enrichissantes n'y manquent pas, je peux vous l'assurer.

La Maison Josefa, c'est l'hospitalité. Que tu sois pressé(e) ou non, si tu passes dans la cuisine ou chez un(e) voisin(e), on t'offrira chaleureusement une tasse de thé ou t’invitera à partager le repas.

Ce sont aussi des petits et plus grands projets, comme une projection de film ou une après-midi d'animation pour enfants.

Habiter à Josefa, c'est se laisser surprendre par ce qui vient. Cela peut être un voisin qui joue de l'accordéon, une autre qui raconte des blagues (en l'occurrence c'est une blague mais plusieurs fois), retrouver quelqu'un sur le toit car il y a une fuite, goûter le gâteau mis à disposition dans la cuisine, faire du "light painting" à 23h, et bien d'autres évènements encore.

Alors merci à l'ensemble de la Maison Josefa pour son accueil chaleureux et ses surprises.

Céline

En matière d’appréciation positive des flux migratoires, les catégories « homme, femme », « maître, esclave », « juif, païen » sont assurément appelées à être revisitées. Ainsi, lorsqu’une personne humaine, soumise à une migration forcée, est accueillie par une société hôte, elle ne peut bien évidemment masquer (durablement) son statut physique, psychologique et/ou spirituelle…

Certes, il est délicat de « catégoriser » à outrance ou de privilégier un cadre « universel » eu égard au respect dû à l’unicité de chacun ; néanmoins, au stade actuel de l’histoire de notre humanité, soumise aux influences post-modernes, technologiques ou médiatiques, il semble que les migrations font résonner à nouveaux frais les particularités « juif, païen », « homme, femme », « maître, esclave ».

En effet, aujourd'hui plus qu'hier, le vivre ensemble ne peut s'entendre que d’une inter-reconnaissance plénière de nos appartenances singulières ou particulières.

Dès lors, qu'offre l’actualité historique de nos migrations, entre autres contraintes ? Sans doute, a minima, de questionner une dialectique migratoire qui ne peut se soustraire, au fil du temps, à une tension permanente entre rupture et continuité au sein d’une inévitable hospitalité humaine. Hospitalité à vivre, à construire, librement, chacun vu en son unicité et, assurément, au bénéfice de tous : l’homme sert l’homme sur base de ce fondement : toi, comme moi, nous sommes migrants !

Ne pourrions-nous pas dire que nos migrations, de temps à autre, nous conduisent à revenir sous un toit, sous notre toit ?...

Assurément. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Assez souvent, nos migrations, en un premier temps, parfois définitif, nous éloignent de « chez nous ». Mais, cette sortie de l’univers familier ou familial, peut aussi se transformer en découverte de soi, de l’autre, d’une autre société.

Dans cette voie, à Bruxelles, la Maison Josefa invite à penser, à expérimenter la relation entre « Toit et moi ».

Se trouver dépossédé de son originel « chez soi » pour des raisons diverses et se retrouver au cœur d’une nouvelle expérience, d’une autre Maison, interpelle sur le sens même de nos migrations. Pourquoi moi ? Pourquoi toi ? Et quelle part de moi, de toi, est sujette à « migration » ?

D’un toit, sous le toit, peut surgir, si l’espace en laisse l’expression mystérieuse, une rencontre avec soi : si le lieu n’est pas voulu dans le seul but de l’intégration dans une société qui en serait alors bien close, mais, d’abord et avant tout, comme une expérience entre un « toit » et soi.

La proposition Josefa se dit un peu dans ce carrefour : lorsque le toit se fait peu à peu écho du moi.

Josefa, c’est oser, selon la volonté de chacun, à l’abri d’un toit, de se reconstruire un moi ou de tenter de le « déployer ».

En quelque sorte, Josefa, c’est prendre le temps, si besoin et envie existent, de relire, de regarder ce que sont nos migrations, ce qu’elles nous offrent, par-delà leur dramatique ; goûter ce qui est encore possible pour soi, avec autrui, au sens fondamental où, de toute éternité, nous sommes nés migrants, pour mieux le devenir et sans devoir, à tout prix, aboutir à une « intégration » contrainte. Car, la route ne s’arrête pas là où certains le voudraient… pour les autres.

Toi et moi, sommes migrants, sous un « toit » commun et, paradoxalement et mystérieusement, par-delà cet universel commun.

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