Au Honduras, le 3 mars 2016, Berta Cáceres s’en est allée, assassinée…

Se pourrait-il que nos migrations se veuillent tentatives d’appropriation, de « colonisation », économiques, politiques, sociales, culturelles ou religieuses, virtuelles ou réelles ? …

Le métro entre à quai. Il est bondé. Je m’y engouffre, car je suis en retard, entorse au bonheur récent d’aller à pied au travail, car je croise la lumière, l’eau, les canards, les arbres, la vie. Le métro démarre. Détonation. Silence glacial dans l’assemblée. Problème au moteur ? Je pense plutôt à un coup de feu. Toutes les images polluées, imposées par les médias, défilent dans mon esprit. Rien n’est confirmé de l’extérieur, sauf un mécanique message en boucle qu’il faudra supporter pendant trois quarts d’heure. « En raison d’un incident technique, nous mettons tout en œuvre afin de … », j’ai oublié la suite. Attente. Puis, silence brisé par les hommes et femmes de notre temps que nous sommes, le net nous le dit, attentat à Zaventem. Rien à propos de Maelbeek, mais ma voisine de plateforme l’apprend au téléphone par sa sœur : attentat à Maelbeek. La suite de notre périple n’est rien, pour nous qui avons échappé au pire, au regard des victimes et de leurs familles que nous voulons rejoindre respectueusement.

La station Maelbeek m’avait toujours frappée par la sobriété de sa « décoration » : un simple visage dessiné sur les carrelages blancs, deux mots, Maelbeek- Maalbeek, d’une écriture nette, singulière, tellement humaine. Et c’est là que la violence a frappé, a touché des humains.

Le monde dans lequel je suis a changé, il ne sera jamais plus comme avant, que je le veuille ou non. Et Josefa ? « Tous migrants » ? Hospitalité réciproque ? Ne sommes-nous pas naïfs ? Mesurons-nous la complexité du monde dans lequel nous vivons ? Poursuivre ? Y croire encore ? Je garde ces questions pour moi, mais j’entends par ailleurs, de l’un d’entre nous : « Si nous ne continuons pas le dialogue, la rencontre de l’autre, nous allons dans une impasse, spirituellement, humainement. Il n’y a pas d’autre chemin ». La froideur de cette analyse me surprend, mais me rejoint, tente d’être accueillie. J’en devine la justesse, au-delà de l’émotion, en un lieu de soi où il faut pouvoir se tenir.

Un certain 22 mars et après, des réalités sont perceptibles. Je ne suis pas seule. D’autres, depuis longtemps parfois, et beaucoup d’autres, figurez-vous, sont artisans d’un vivre ensemble pacifié, les médias en parlent si peu. Mais c’est le réel, mon réel, notre réel. Continuons, ensemble.

Anonyme

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